
Aujourd'hui, c'est vendredi. Ma classe de cinquième termine sa semaine avec mon cours pour une bonne partie des élèves. Juste avant ils ont cours d'éducation physique et arrivent en nage et au compte-gouttes, les moins motivés quelques minutes après dans une deuxième vague alors que les premiers ont déjà commencé à copier dans leur agenda le travail donné pour la semaine , préalablement écrit au tableau par mes soins.
Je donne des explications supplémentaires, indique que les questions : c'est pour quand ? l'exercice on le fait sur le cahier ? trouvent leurs réponses sur le tableau -et-oui-il-faut-lire, puis après avoir fait se déplacer un agité, demandé le silence qui peine à s'installer, le cours se passe avec ce jour-là deux exposés d'élèves dont le dernier sur la Kabylie, bien préparé et bien présenté, est écouté avec intérêt.
Après la sonnerie, les élèves commencent à partir et tout en félicitant mon élève, je range mes papiers. Au même moment un élève se jette sur un autre et une violente bagarre éclate. Les deux garçons se prennent à bras le corps en bousculant les chaises et les tables, leurs visages sont crispés et tendus, l'attaquant a les traits métamorphosés, déformé par la violence , le regard haineux. Je distingue d'autres élèves qui veulent s'associer à la mêlée. Je crie à plusieurs reprises arrêtez ! tente de les séparer. Tout cela se passe très rapidement et heureusement l'attaquant, tout tremblant d'une rage qu'il ne maîtrise pas, finit par lâcher son camarade blême et tétanisé.
M. "a de l'ostracisme" m'explique une camarade chinoise de l'agressé après avoir fait rapidement voler ses doigts sur les touches de son dictionnaire électronique. Mes élèves chinois que j'ai en petit groupe en début d'après-midi m'expliquent qu'ils sont souvent la cible d'autres élèves. M. est lui d'origine maghrébine. Un collègue qui est dans l'établissement depuis 9 ans et qui habite Aubervilliers me donne son analyse : la communauté chinoise réussit mieux en travaillant davantage et suscite l'agressivité des autres "communautés".
Après avoir vérifié que l'élève agressé allait bien, dialogué avec les élèves pour essayer de comprendre cette soudaine flambée de violence, écrit un rapport d'incident, vu la Principale, la CPE, j'ai couru à l'école primaire retrouver mon groupe d'élèves de CM2.
Le groupe est sympathique. Je suis assise à côté d'un élève que je confonds un instant avec un camarade d'origine martiniquaise. Oh non moi c'est le Sénégal, rectifie-t-il d'un ton indigné, c'est lui là-bas, désigne-t-il d'un coup de menton, et avec dédain : la Martinique c'est tout petit...
Après la sonnerie, les élèves commencent à partir et tout en félicitant mon élève, je range mes papiers. Au même moment un élève se jette sur un autre et une violente bagarre éclate. Les deux garçons se prennent à bras le corps en bousculant les chaises et les tables, leurs visages sont crispés et tendus, l'attaquant a les traits métamorphosés, déformé par la violence , le regard haineux. Je distingue d'autres élèves qui veulent s'associer à la mêlée. Je crie à plusieurs reprises arrêtez ! tente de les séparer. Tout cela se passe très rapidement et heureusement l'attaquant, tout tremblant d'une rage qu'il ne maîtrise pas, finit par lâcher son camarade blême et tétanisé.
M. "a de l'ostracisme" m'explique une camarade chinoise de l'agressé après avoir fait rapidement voler ses doigts sur les touches de son dictionnaire électronique. Mes élèves chinois que j'ai en petit groupe en début d'après-midi m'expliquent qu'ils sont souvent la cible d'autres élèves. M. est lui d'origine maghrébine. Un collègue qui est dans l'établissement depuis 9 ans et qui habite Aubervilliers me donne son analyse : la communauté chinoise réussit mieux en travaillant davantage et suscite l'agressivité des autres "communautés".
Après avoir vérifié que l'élève agressé allait bien, dialogué avec les élèves pour essayer de comprendre cette soudaine flambée de violence, écrit un rapport d'incident, vu la Principale, la CPE, j'ai couru à l'école primaire retrouver mon groupe d'élèves de CM2.
Le groupe est sympathique. Je suis assise à côté d'un élève que je confonds un instant avec un camarade d'origine martiniquaise. Oh non moi c'est le Sénégal, rectifie-t-il d'un ton indigné, c'est lui là-bas, désigne-t-il d'un coup de menton, et avec dédain : la Martinique c'est tout petit...




